La classe de contamination d’Altemeier.

La classification du risque intrinsèque d’un type d’incision particulier est basée sur celle de l’American College of Surgeons (Altemeier), qui définit 4 catégories et fait parti de la traçabilité opératoire relevant du rôle de l’IBODE :

Chirurgie propre
Chirurgie propre-contaminée
Chirurgie contaminée
Chirurgie sale ou infectée

La classification Altemeier est fonction de la contamination du site opératoire avant intervention. L’origine de la contamination peut être endogène (site anatomique naturellement contaminé comme le tube digestif) ou exogène (site anatomique accidentellement contaminé ou surinfecté).

Plus le site opératoire est contaminé, plus le risque d’ISO (infection du site opératoire) est important.

Cette classification s’articule aussi autour d’éventuelles fautes d’asepsie réalisées en cours d’intervention.

 

I/ Chirurgie propre :

  1. Intervention sur une zone normalement stérile.
  2. La peau est primitivement intacte.
  3. Si on met en place un drainage, ce doit être un système clos.
  4. Pas d’ouverture des tractus digestif, respiratoire, urogénital, ou oropharyngé.
  5. Absence de traumatisme.
  6. Pas d’inflammation de la zone opératoire.
  7. Pas de fautes d’asepsie.

Exemples de chirurgies :

  • Prothèses articulaires de première intention sur site non infecté.
  • Chirurgie Cardiaque
  • Chirurgie Ophtalmologique

 

II/ Chirurgie propre-contaminée :

  1. Intervention avec ouverture ou traversée d’une zone possédant une flore bactérienne saprophyte.
  2. Intervention accompagnée d’ouverture des tractus digestif, respiratoire ou urogénital dans des conditions techniques bien contrôlées et sans contamination inhabituelle (urines stériles, bile non infectée).
  3. Faute d’asepsie mineure

Exemples de chirurgies :

  • Appendicectomie.
  • Chirurgie de l’oropharynx.
  • Chirurgie Vaginale.
  • Chirurgie des voies urinaires en l’absence d’infection urinaire.
  • Chirurgie biliaire en l’absence d’infection biliaire.

III/ Chirurgie contaminée :

  1. Intervention avec ouverture ou traversée d’une zone d’inflammation non purulente.
  2. Intervention avec contamination massive par le contenu du tube digestif, ouverture du tractus urogénital ou biliaire en présence d’une infection urinaire ou bilaire.
  3. Plaies traumatiques ouvertes récentes (moins de 4 heures).
  4. faute d’asepsie importante

Exemples de chirurgies :

  • Chirurgie biliaires ou urinaires avec liquides infectés.
  • Fracture ouverte datant de moins de 4 heures.

IV/ Chirurgie sale :

  1. Intervention sur une zone contenant du pus, des tissus nécrotiques, des corps étrangers, des fécès.
  2. Plaies traumatiques anciennes (datant de plus de 4 heures). Cette définition suggère la présence des organismes responsables de l’infection opératoire dans le site opératoire avant l’intervention.
  3. inflammation aigue.

Exemples de chirurgie :

  • Fracture ouverte souillée datant de plus de 4 heures.
  • Péritonite…

La connaissance de ces différents risques opératoires permet à l’IBODE de pouvoir anticiper la prise en charge adéquate du patient en toute sécurité, d’adapter son comportement au bloc opératoire ainsi que celui de ses collaborateurs et le matériel nécessaire à l’intervention.

Cette classification est abordée plus en détails et précisément dans les écoles IBO durant la formation de spécialisation dans la catégorie Hygiène au bloc opératoire.

Pour toutes questions pratiques, nous vous conseillons de contacter la cellule hygiène ou l’équipe opérationnelle d’hygiène de votre établissement compétente en la matière.

Confraternellement,

Corporation IBODE.

  • lien site web :

http://www.cclinouest.com/PDF/Surveillance/ISO/Altemeier.pdf

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