Les enjeux de la partie 1) b. du décret des actes exclusifs IBODE et l’avenir de la profession.

Le report de la partie 1) b. de l’article R4311-11-1 relative à l’aide-opératoire prendra fin le 1 juillet 2019.

Depuis sa parution au Journal Officiel de la République, l’application de cette partie du décret a été repoussée à de multiples reprises. Et pour cause, les IBODES sont moins nombreux que les IDES dans les blocs opératoires ( 1 IBODE pour 3 IDES ) ne permettant pas de mettre en pratique cette compétence devenue exclusive. Pourtant, depuis des années, les organisations représentatives de la professions telles que l’Ordre-Infirmiers (ONI) , l’UNAIBODE et l’AEEIBO ont alerté les pouvoirs publics sur cet état de fait.

L’avenir de la profession est aujourd’hui dépendant des mesures qui seront prises pour rendre applicable dans tous les établissements ce point déterminant du décret et du rôle des IBODES.

Il est envisageable que les enjeux sont avant tout économique. Les IBODES étant minoritaires au sein des plateaux techniques, l’aide-opératoire est majoritairement effectuée par des IDE.

Les négociations actuelles sur l’avenir de la profession portent sur l’organisation future des blocs opératoires mais également sur la mise en place en intégralité des actes exclusifs.

Un casse tête qui aurait pu être évité si la formation à la spécialisation IBODE avait été soutenue et anticipée depuis des années. Mais aussi, les alertes répétées des instances représentatives entendues et écoutées avec plus d’intérêts.

La conjoncture actuelle et la politique économique de santé sont axées sur une réduction des dépenses. Dans ce contexte, il est difficile de faire entendre et reconnaître la nécessité de soutenir la formation des Infirmiers exerçant au bloc opératoire et la plus-value des IBODES.

Il est indispensable que les établissements s’engagent dans des plans de formation encadrés et évalués régulièrement afin d’augmenter rapidement le nombre d’IBODES en activité ( École IBO et VAE ).

A l’avenir, il faudra sans doute réfléchir à instaurer un mode de surveillance permettant de contrôler la mise en application effective des actes relevant de la compétence exclusive des IBODES. Et par la même occasion, éviter que les Infirmiers faisant fonction IBODE soient amenés, pour des raisons financières et de continuité des soins, à effectuer des glissements de tâches les conduisant à mettre leurs responsabilités en dangers et être dans l’illégalité.

La frontière entre le rôle d’aide-opératoire et d’assistant de chirurgie est fragile.

Ce rôle de régulation et de contrôle est attribué à l’Ordre-Infirmiers et la création d’une cellule IBODE pourrait être une solution.

A sept mois de l’entrée en vigueur de l’intégralité du décret des actes exclusifs IBODE des incertitudes demeurent.

La seule certitude est que si la profession veut une véritable reconnaissance de ses compétences, des mesures sur le terrain sont à envisager.

Dans le cas contraire, il y a un risque de voir la situation actuelle perdurer encore longtemps.

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