L’IBODE garant du bon usage des antiseptiques au bloc opératoire.

L’usage des antiseptiques au bloc opératoire relève de la compétence IBODE.

Ces produits sont soumis à prescription médicale en qualité de produits médicamenteux et doivent avoir une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).

Leur utilisation au bloc opératoire fait partie des mesures d’asepsies incontournables dans le but de réduire au maximum les infections du site opératoire.

Il est important de rappeler quelques définitions avant de détailler les différentes familles d’antiseptiques existantes.

  • Antiseptique :

« Produit – à l’exclusion des antibiotiques – utilisé pour son effet d’antisepsie (NF EN 14885 : 2006). Les antiseptiques en tant que produits en contact, soit avec une peau lésée, soit sur peau saine avant de léser la peau (champ opératoire, avant ponction, avant injection, etc.) et dans certaines indications thérapeutiques (acné, etc.) font partie de la classe des médicaments. Les antiseptiques disposent d’une AMM. Celle-ci précise leurs indications et contre-indications. La définition du médicament figure dans le Code de la Santé Publique à l’article L 5111-1. »

 

  • Antisepsie :

« Application d’un antiseptique sur des tissus vivants, entrainant une action sur la structure ou le métabolisme de micro-organismes à un niveau jugé approprié pour prévenir et/ou limiter et/ou traiter une infection de ces tissus (NF EN 14885 : 2006). »

« Selon l’AFNOR (norme de vocabulaire NF T72 101, mars 1981), c’est une “opération au résultat momentané permettant, au niveau des tissus vivants, dans la limite de leur tolérance, d’éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus en fonction des objectifs fixés. Le résultat de cette opération est limité aux microorganismes et/ou aux virus présents au moment de l’opération”. »

 

  •  Le spectre d’activité antimicrobienne :

C’est la traduction de la résistance naturelle (ou « intrinsèque ») propre à une espèce microbienne (Tableau 3). Il est évalué in vitro pour chaque molécule hors association. En pratique, le spectre d’activité des antiseptiques est lié à la nature des principes actifs et à leur concentration, à la formulation et au temps de contact après application. Les associations de deux ou plusieurs principes actifs potentialisent l’activité d’une formulation antiseptique.

  • La rémanence :

« Concerne la durée pendant laquelle l’antiseptique va continuer à être actif sans qu’il soit nécessaire de renouveler son application. »

 

  • La flore microbienne résidente ou commensale :

« Micro-organismes présents de façon permanente sur ou dans l’organisme. Elle est essentiellement cutanée. »

« C’est une flore superficielle et profonde de l’organisme. Elle est habituellement non pathogène. Cette flore ne peut jamais être totalement supprimée, elle peut être diminuée lors de la préparation cutanéo-muqueuse. »

 

Exemples de bactéries :

  • Staphylococcus hominis, epideminis, aureus
  • Corynebacterium
  • Propionibacterium….

 

  • La flore microbienne transitoire ou saprophyte :

« La flore transitoire correspond à l’ensemble des micro-organismes présents durant un court laps de temps. Cette flore ne cause pas de maladie mais ne fait pas partie de la flore normale. Elle se distingue par rapport à la flore résidente. »

« C’est une flore superficielle acquise au contact des personnes, des surfaces ou des objets par contact manuporté. Elle est composée de germes saprophytes de l’environnement. Elle reflète le système microbien environnant. Cette flore, le plus souvent pathogène, est très souvent à l’origine des infections nosocomiales. »

Exemples de bactéries transitoires :

  • Entérobactéries
  • Streptocoques
  • C. albicans
  • Clostridium…

 

  • Les antiseptiques majeurs :
  1. « Les antiseptiques Biguanides, à base de Chlorhexidine (gamme disponible en solution aqueuse ou en solution alcoolique (concentration ≥ 0,5%), ainsi qu’en scrub pour la détersion),
  2. Les antiseptiques Halogénés, à base d‘iode, PVP-I (gamme disponible en solution aqueuse et en solution alcoolique, ainsi qu’en scrub pour la détersion),
  3. Les antiseptiques Halogénés, à base de dérivés chlorés (disponibles en solution aqueuse),
  4. Les antiseptiques Alcools, à base d’éthanol à 60 ou 70%. »

 

« Les antiseptiques sont dits « majeurs » s’ils présentent une activité bactéricide, un large spectre et une action rapide. »

 

  • Procédures en fonction du niveau de risque

Haut risque infectieux = Objectifs éliminer la flore transitoire + réduire la flore résidente = Antisepsie en 4 temps + 2 badigeons d’ATS = préparation du champ opératoire.

Risque infectieux intermédiaire = éliminer la flore transitoire = Antisepsie en 4 temps avec 1 badigeon d’ATS ou Antisepsie en 2 temps.

Risque infectieux bas = réduire la flore transitoire = Antisepsie en 1 temps.

 

  • Antisepsie en 4 temps = détersion + rinçage + séchage + application de l’antiseptique avec 1 ou 2 badigeons.
  • Antisepsie en 2 temps = 2 applications d’antiseptiques.
  • Antisepsie en 1 temps = 1 application d’ATS sur peau/muqueuse visuellement propre.

 

Les badigeons d’antiseptiques doivent être réalisés en respectant  les temps d’application et de séchage pour chacune des étapes.

 

  • Durée de conservation des antiseptiques après ouverture 
  • Savons antiseptiques :

PVP-1 + Chlorhexidine = 1 mois

  • Antiseptiques en solution aqueuse :

Chlorhexidine non colorée ou colorée prête à l’emploi + PVP-1 =  1 mois

Chlorhexidine colorée à reconstituer  = 10 j

Pour la Povidone dermique ou alcoolique si opercule non conservée = 15j

 

  • Il est, de ce fait, du rôle de l’IBODE de mentionner la date d’ouverture sur chaque flacon d’antiseptique à la première utilisation.

 

Un antiseptique s’utilise sur la peau ou les muqueuses et ne doit pas être utilisé pour la désinfection des dispositifs médicaux donc sur une surface inerte. Ceci pourrait entrainer leur détérioration.

Dispositif médical = surface inerte = procédure de désinfection

  • Rappel :

L’allergie à l’iode n’existe pas !!!!

L’hypersensibilité est causée par une réaction à la Povidone constituant de la Bétadine. Dans ce cas, il convient d’utiliser un antiseptique à base de Chlorhexidine.

Si allergie aux produits de contrastes iodés, il s’agit là aussi d’une réaction occasionnée par les adjuvants utilisés pour l’injection. Ceci ne contre indique pas à l’usage d’un antiseptique iodé sur la peau.

Dans tous les cas il est recommandé de faire des tests d’hypersensibilité chez un Médecin allergologue pour identifier l’allergène.

 


Ces informations ne sont pas un cours théorique, nous conseillons à nos collègues de se référencer auprès des équipes opérationnelles d’hygiène de leurs établissements pour toutes questions. Ils peuvent aussi se tourner vers les écoles IBO ressources et centres de formation indispensables en la matière.

Toutes les informations citées ci-avant sont issues des documents présentés en annexe. 


Lien SF2H: Antisepsie de la peau sain avant un geste invasif chez l’adulte, Mai 2016 :

Lien SF2H :  Gestion préopératoire du risque infectieux Octobre 2013 :

Gestion préopératoire du risque infectieux – Mise à jour de la conférence de consensus 2004

Lien CCLIN Sud Ouest, 2013, Le bon usage des antiseptiques pour la prévention du risque infectieux chez l’adulte :

Lien MACSF, DR CLOTTEAU Jean-Edouard, Chirurgien conseil :

Revue INTERBLOC-VOL 34-n°1, Janvier 2015

  • Lien  PPT, antiseptiques et désinfectants, BALLET Anne-Cécile, Pharmacienne Hygiéniste :

http://slideplayer.fr/slide/1693294/

  • Lien PPT, actualité des antiseptiques au bloc opératoire, M.MOUNIER et H.BACHELLERIE, Journée ALIADE, Limoges 2013 :

http://slideplayer.fr/slide/1310907/

  • Lien PPT, les antiseptiques, Dr MARIE Nicolas, Pharmacien, 2014/2015 :

http://slideplayer.fr/slide/2854260/

  • Mémoire IBO, Madame PENA-GALMEL Catherine, Ecole IBODE Louise Couvé Aubervilliers, Promotion 2007-2009 :

 

Confraternellement,

Corporation IBODE

 

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